"C'est une nuit calme sur Trachis Island, petite île paradisiaque où se croisent les oiseaux migrateurs, au large de la Nouvelle-Ecosse. Soudain, un bruit terrible déchire le silence : Kevin et Douglas, qui tiennent un hôtel sur l'île, voient un gros avion chuter brusquement et sombrer dans l'océan.Dès le lendemain, ils accueillent chez eux les proches des victimes. Venus d'horizons très différents, ces hommes et ces femmes que tout sépare vont construire une famille singulière, née de leur solidarité face au deuil. Un couple de Taïwanais qui a perdu sa fille fait des offrandes à son fantôme. Un musicien bulgare joue du piano en souvenir de sa femme violoncelliste. Un exilé iranien récite des poémes persans pour sa petite-nièce disparue... Et puis il y a Ana, spécialiste de la migration des oiseaux, dont le mari, ornithologue lui aussi, est mort dans le crash.
Peu à peu, à travers l'histoire d'Ana -son bonheur passé, l'infinie douleur de la perte puis, presque malgré soi, le retour à la vie-, à travers les liens qu'elle tisse avec les autres, Trachis Island deviendra pour tous le lieu de la renaissance."
Mon avis : Je n'ai jamais été victime d'un crash aérien. Jamais je n'ai pu imaginer ce que l'on ressent au moment de l'impact. Je n'ai jamais été famille de victime. Je ne sais pas quelle serait ma réaction si je me trouvais dans une telle situation. C'est égoïste de dire ça mais on s'imagine que ça n'arrive qu'aux autres. La récente actualité prouve que ça se produit plus souvent et plus près que ce que l'on croit. Ca ne fait que rendre ce roman plus humain et plus réel. C'est pour ça que j'ai un peu peur de dire que j'ai aimé. Est-ce que ce ne serait pas déplacé ?
Je ne sais que penser, en fait. L'histoire de ce roman, troublante de vérité, ne laisse pas indifférent, c'est un fait certain (ou alors je me suis trop impliquée). A cause du côté réel de l'"intrigue", on se sent proche des personnages, ils nous touchent. On se trouve ému et, en même temps, je me sens coupable de voyeurisme. J'ai un peu cette impression lorsque je vois certains reportages aux infos et que je pense "mais qu'on les laisse tranquilles". Vous voyez ce que je veux dire ?
L'écriture est simple, sensible et humaine. C'est, en dépit de ce que je viens de dire, très agréable à lire. L'émotion est présente continuellement mais on ne tombe pas dans le mélo. D'un point de vue sociologique et psychologique, c'est très intéressant de pouvoir se mettre à la place d'une victime ou d'un de ses proches.
Ce roman traite du deuil et de la façon dont chacun réagit à la perte aussi brutale d'un être cher mais ce n'est pas tout. Il est aussi question d'amour, de solidarité et de vie, tout simplement.
C'est difficile à expliquer en fait. Toutes sortes de sentiments affluent à la lecture de ce roman. Brad Kessler est fin psychologue mais ne tombe pas dans la caricature ou le mélodramatique en excès. Je dirai que c'est assez ambigü, touchant, humain, irréel à certains moments, poétique par certains aspects... Les descriptions sont magnifiques, tout en finesse, pudeur et retenue et, en même temps, dans un style fort et direct.
Quoiqu'il en soit, sans aller jusqu'à parler de coup de coeur, c'est une lecture que j'ai beaucoup apprécié. Merci à BOB et à NiL Editions pour le cadeau.




